Le premier charivari d’Édouard Dujardin

Léon Frédéric - Fragrance
Léon Frédéric – Fragrance (1894)

Le troisième poème de La Comédie des amours intitulé « Charivaris », rédigé entre 1889 et 1890, présente une structure évolutive semblable à celle du premier, « Préludes », suivant les filles depuis leur enfance jusqu’à l’âge adulte, et de même, la première partie s’intéresse à une fillette qui découvre l’amour :

I

Do, mi, sol, do…
Tire ton rideau !
Fais-tu dodo ?
Hé ! l’enfant do !

Fillette, fillette,
Voici de tendres pâquerettes.

La, sol, si, ré…
Avait-il l’air énamouré ?
Ton cœur s’en est-il effaré ?

Fillette, fillette,
Écoute siffler la fauvette.

Fa, ré, fa, mi…
Puisse le bel ami
N’avoir rien fait à demi !
Dis-nous s’il s’est endormi.

Fillette, fillette,
Ce n’est qu’une bergeronnette.

Do, ré, mi, fa…
Celui qui te désattifa
N’est point un fat ;
Sans morgue il triompha.

Fillette, fillette,
Elle chante la chansonnette.

Ré, mi, fa, sol…
Ton âme a quitté le sol.

Fillette, fillette,
Adieu, le temps de la fleurette.

Mi, ré, fa, la…
Voilà
Pourquoi à la fin du gala
Ta maman tout bas te parla

Fillette, fillette,
Tu n’iras plus au bois seulette.

Sol, si…
Ton visage est cramoisi ?
A toutes il en advint ainsi.

Fillette, fillette,
Tu n’es plus une fillette.

Sol, do…
Referme le rideau,
Retourne au dodo,
Rinforzando,
L’enfant do !

Source du poème : Édouard Dujardin, Poésies : La Comédie des amours, Le Délassement du guerrier, Pièces anciennes, Paris : Mercure de France (1913), numérisé sur Internet Archive ; une transcription hypertexte a été donnée sur Wikisource. Le poème est page 50.

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