Écoute au coquillage, par André Breton

Léopold Morice - Fillette à la coquille
Léopold Morice – Fillette à la coquille, Pont Alexandre III, Paris, France (de Wikimedia Commons)

J’ai expliqué précédemment qu’André Breton ne croyait pas aux capacités des enfants, il nia d’emblée que Minou Drouet eut pu écrire ses poèmes à 8 ans, et j’ai présenté un de ses rêves où des fillettes apparaissent infantiles et d’une certaine façon effrayantes.

Probablement la seule fillette qu’il aima fut sa propre fille Aube. Dans son livre L’amour fou il relate sa rencontre avec Jacqueline Lamba le 29 mai 1934, dans un climat étrange de prémonitions et de symboles. Les deux tombèrent follement amoureux et se marièrent le 14 août. Leur fille Aube naquit le 20 décembre 1935, et Breton s’attacha à son enfant. CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…

Les Yeux de Berthe, par Charles Baudelaire

Omar Alnahi - eyes portrait person girl
Omar Alnahi – (eyes portrait person girl) – from PEXELS

En 1866 Poulet-Malassis, l’éditeur de Baudelaire, publia à Bruxelles Les Épaves de Charles Baudelaire avec un frontispice de Félicien Rops. Cet ouvrage fut imprimé en 260 exemplaires, l’avertissement de l’éditeur affirmant :

L’auteur sera avisé de cette publication en même temps que les deux cent soixante lecteurs probables qui figurent à peu près — pour son éditeur bénévole — le public littéraire en France, depuis que les bêtes y ont décidément usurpé la parole sur les hommes.

Ce petit recueil comprend 23 poèmes de Baudelaire : les 6 pièces condamnées de la 1ère édition des Fleurs du Mal, une autre en latin qui y figure, et 16 pièces diverses, dont certaines n’avaient pas été retenus pour cette œuvre. Je présente ici un poème de la section Galanteries, placé en 9e position dans le recueil. CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…

Un rêve d’André Breton

Toyen - Portrait d'André Breton
Toyen – Portrait d’André Breton (1950)

André Breton ne fit jamais grand cas des enfants et de leurs capacités. Quand il cherchait un poète ou un artiste, c’était un homme, éventuellement une femme, jamais un enfant. Ainsi quand parurent les premiers poèmes de Minou Drouet, âgée de 8 ans, il proclama d’emblée, sans prendre la peine d’enquêter sur les faits, qu’il était impossible qu’une enfant de cet âge pût écrire par elle-même ces poèmes. CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…

À Ivonne Pen-Moore, signé Alexandre Privat d’Anglemont, attribué à Charles Baudelaire

Larry Kip Hayes - Lil Sassy
Larry Kip Hayes – Lil Sassy

Le poème qui suit fut publié le 26 Janvier 1845 dans L’Artiste sous la signature de Privat d’Anglemont. Mais on l’attribue généralement à Baudelaire. Il fait partie de ses Poèmes retrouvés, une collection regroupant des vers parus soit anonymes, soit signés d’Ernest Prarond ou de Privat d’Anglemont. CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…

De Quincey et la petite fille misérable, d’après Baudelaire

Zhenya Gay - illustration for Confessions of an English Opium-Eater by Thomas De Quincey
Zhenya Gay – illustration pour Confessions of an English Opium-Eater by Thomas De Quincey (1950) – The Heritage Press, New York

Après le recueil de poèmes Les Fleurs du mal, l’œuvre la plus célèbre de Charles Baudelaire est l’essai Les Paradis artificiels, publié en 1860, consacré à l’usage récréatif des drogues, plus précisément du haschisch et de l’opium. Il connut un large succès, il reste un exposé classique des effets de la drogue, comme l’exaltation, puis la dépendance et la souffrance. D’ailleurs l’expression “paradis artificiels” est couramment utilisée pour désigner l’utilisation de drogues (en particulier hallucinogènes) pour stimuler l’imagination ou enivrer les sens. CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…

Un Inuit romantique, par Peter Freuchen

Peter Freuchen and Knud Rasmussen
Peter Freuchen et Knud Rasmussen – Photo: Arktisk Institut

L’explorateur et ethnologue Peter Freuchen (1886–1957) vécut longtemps dans le Nord-Groenland, l’explora de fond en comble, commerçant avec les Inuits et se liant d’amitié avec eux. Il épousa même une fille Inuite, Navarana. Vivant dans l’environnement le plus hostile de la Terre, les Inuits avaient sur de nombreuses questions un point de vue très pragmatique. En particulier ils considéraient le mariage comme l’association économique et familiale d’un homme et d’une femme, certes basée sur des liens de solidarité, mais n’impliquant aucune fidélité amoureuse ou sexuelle ; souvent les hommes se prêtaient mutuellement leurs épouses pour des motifs purement utilitaires, et une femme pouvait considérer la prostitution avec les Européens comme une simple affaire commerciale, obtenant en cela l’approbation de son mari. CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…

Le beau navire, par Charles Baudelaire

William Stott of Oldham
William Stott of Oldham – Wild Flower (1881)

En août 1847, Baudelaire eut une liaison avec Marie Daubrun, née en 1827 sous le nom de Marie Bruneau. Plusieurs poèmes de son recueil Les Fleurs du mal lui sont consacrés, dont celui-ci, où il la décrit comme une jeune adolescente, à la fois enfant et femme. On notera que les trois premières strophes sont répétées dans les quatrième, septième et dixième. CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…

Deux poèmes de Choderlos de Laclos adressés à Mademoiselle de Sivry

William-Adolphe Bouguereau - Une vocation
William-Adolphe Bouguereau – Une vocation (1896) – provient de Art Renewal Center

Philippine de Sivry (1775-1851), écrivaine française, publia sous son nom d’épouse, Madame de Vannoz, plusieurs ouvrages, le plus connu étant Épitres à une femme sur la conversation, ou Conseils à une femme sur les moyens de plaire dans la conversation, publié chez Michaud en 1812.

Enfant précoce, elle écrivit des poèmes dès l’âge de huit ans, et devint la coqueluche des salons parisiens. Elle attira l’attention de Choderlos de Laclos, qui lui dédia deux poèmes, qu’on retrouve dans son recueil de vers publié en 1908 par Arthur Symons et Louis Thomas. CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…

À une mendiante rousse, par Charles Baudelaire

Émile Deroy - La petite mendiante rousse
Émile Deroy – La petite mendiante rousse (c.1843–1845) – provient de Wikimedia Commons

Charles Baudelaire (1821–1867) représente le prototype du “poète maudit” et il anticipe les “décadents” de la fin du 19e siècle. Son chef-d’œuvre, le recueil de vers intitulé Les Fleurs du Mal, explore l’érotisme, la débauche, le vin et la drogue, mais également le dégoût et l’expiation. La première édition, parue le 25 juin 1857, comprenait 100 poèmes (plus un non numéroté en introduction, adressé “Au Lecteur”). Le 20 août, Baudelaire et son éditeur furent condamnés pour « outrage à la morale publique », six des poèmes furent interdits, et l’édition fut saisie. Les éditions suivantes (1861, 1866 et 1868), sans ces six pièces censurées, changèrent l’ordre des poèmes et en inclurent de nouveaux. L’œuvre fut finalement réhabilitée le 31 mai 1949 par la Chambre criminelle de la Cour de cassation. CONTINUE READING / CONTINUER LA LECTURE…