
Voici une chanson du début du 17e siècle. Un chevalier tente de courtiser une jeune fille, mais se laisse intimider par ses pleurs, ce qu’elle regrette.
IL ÉTAIT UNE FILLETTE
Il était une fillette
Qui allait glaner :
A fait sa gerbe trop grosse,
Ne peut la lier.
Mon Dieu, qu’elle est godinette !
La saurai-je aimer ?
Par ici y est passé
Un brave chevalier.
Il l’a priée d’amourette ;
Ne l’a refusé.
Mon Dieu…
La fillette fut niquette,
S’est mise à pleurer
Et moi je fus pitoyable
L’a laissée aller.
Mon Dieu…
Quand ell’ fut dedans c’bois
Se mit à chanter :
— Hélas ! où est-il allé
Ce couart chevalier ?
Mon Dieu…
Hélas ! où est-il allé
Ce couart chevalier ?
Pour un soupir d’amourette
M’a laissée aller.
Mon Dieu…
(Le Recueil des plus belles chansons de danses,
Caen, 1615.)
Source du poème : La chanson française du XVe au XXe siècle : avec un appendice musical. La Renaissance du Livre. Paris : Jean Gillequin & Cie, Éditeurs (1910). Numérisé sur Internet Archive et sur Gallica, version hypertexte sur Wikisource. Le poème est page 91 (ici, ici et ici).