Ballerine éternelle

Janet Mendelsohn - Young Ballerina from Balsall Heath, Birmingham (1968)
Janet Mendelsohn – Young Ballerina from Balsall Heath, Birmingham (1968)

Je rends gloire au dieu danseur de la débauche, de l’ivresse et du délire. Il a exaucé mon vœu.

Oui, mes incantations et mes rites secrets
Ont agréé au dieu de la passion sauvage.
Voici le Nouvel An. Son miracle apparaît,
Il m’offre le retour de la fille volage.

Ballerine perdue mais toujours retrouvée !
Je savoure à nouveau le charme de sa danse,
M’émerveillant toujours de sa jambe levée.
L’art est un doux plaisir. Je la vois, quelle chance !

La ballerine en feu proclame ses désirs,
Son corps jeune et souple réclame ma justice.
Ma sentence est prête : donnez-lui du plaisir,
Il n’y a pas d’âge pour goûter au calice.

Son père l’initie aux mystères sacrés
Des rites clandestins de l’hérésie sublime.
Dans la chaleur moite des corps nus se recrée
Le spectacle divin. Sa bouche en feu s’anime.

La ballerine ailée réunit les fidèles,
Les amis rassemblés échangent des reliques,
Pèlerins dévoués à la cause si frêle
Des amours extrêmes sur lit de fleurs magiques.

J’aime et je désire son doux trésor de nacre,
Image immaculée ! Le bon père la donne,
Talisman magique ! C’est la coupe du sacre,
Le petit Graal rose… Là mon désir rayonne.

Ballerine de feu, ballerine éternelle !
Tu ne disparais plus. Que la fête commence.
Tu fais le grand écart et tu deviens si belle.
Éros vivra toujours dans ta sublime danse.

Que s’élance à son tour la ronde des fillettes.
Le doux balancement de leurs tutus diaphanes
Enflamme nos âmes. Leur mille pirouettes
Plongent dans l’extase les vrais ballettomanes.

Ugo Celada da Virgilio – La ballerina

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