Redoutant la répression impitoyable de l’Inquisition, le poète cache ses pensées hérétiques sous des vers dédiés à une Dame. Une boîte verrouillée, dont la clé est cachée dans une autre boîte, pleine de souvenirs, profondément enfouie…
Belvédère d’amour,
Le désir voit le jour.
Demain notre plaisir
Quatre fois va surgir,
Trevi la fontaine.
Mille bouches pleines,
Le bonheur des baisers,
Jours bénis, j’ai osé !
Je goûte ta bouche
Sucrée, je la touche.
Ce moment de bonheur,
Ton baiser de fureur —
Téméraire et belle,
Ton baiser d’airelle
Me dévore le cœur
Nu devant ta candeur.
Outragée, la triste
Vertu des papistes
Te maudit pour toujours,
S’offusque de l’amour
Fredonnant dans mon cœur
Ta chanson du bonheur.
Vulgaires cloportes,
Velots que j’avorte !
Je te donne mon cœur,
Te donne mon ardeur,
Désirs bleus de toujours,
Florilèges d’amour.
Revenue à la vie,
Mon âme à toi se fie.
Après de si longs pleurs,
Mourrai-je de bonheur ?
J’écris ton nom de feu
Jadis aimé des dieux
Cupides de la nuit,
Le soleil s’est enfui.
Dans la mer de tes yeux,
Ton regard merveilleux
Varie du bleu au roux,
Gingembre amer et doux.
Précédemment publié sur Agapeta, 2017/07/24.